Portraits

Elles retapent une 4L de A à Z pour partir au Maroc

Fanny et Lisa se préparent pour participer au 4L Trophy.

Fanny et Lisa vont bientôt prendre le départ de l’édition 2018 du 4L Trophy, une course d’orientation en 4L dans le désert marocain, avec une part d’humanitaire. Les deux amies d’enfance piaffent d’impatience, d’autant qu’elles n’ont encore jamais visité ce pays, « c’est le Challenge avec un grand C ». Originaires de Ballan-Miré, proches depuis qu’elles sont en CM1 (elles ont aujourd’hui 21 ans), elles ne se voient plus beaucoup depuis quelques temps : « je suis partie à Bordeaux pour mes études et Lisa est en Bretagne » explique Fanny.

Le 4L Trophy, Fanny en rêvait depuis un moment, « des amies l’avaient déjà fait », et il y a un an elle a décidé de se lancer, a proposé à sa copine et c’était parti. Pendant 12 mois, il leur a fallu rassembler 11 000€ de budget mais surtout… remettre en état la voiture qu’elles vont emmener au Maghreb. Pas une mince affaire : « on l’a trouvée dans un petit village de campagne. Elle avait été rongée par les rats, sa peinture était défoncée… Elle ne ressemblait à rien. » Heureusement, dans leur entourage, les futures concurrentes ont deux papas capables de bricoler en mécanique, « et on a mis la main à la pâte. On a appris ce que c’était qu’un joint de culas, comment on s’occupait du moteur… » Cocasse, alors que Fanny n’a le permis que depuis un mois.

Désormais orange, la voiture est « toute neuve ». Prête à avaler quelque chose comme 7 000km en quelques semaines, même si les papiers du véhicule ont failli arriver trop tard ce qui aurait entraîné l’annulation du voyage… Ce problème réglé, « on a tellement hâte de partir » lâche Lisa. Elle n’a jamais été aussi proche de ce moment tant attendu : après les vérifications techniques d’usage mercredi, le départ sera donné de Biarritz jeudi : « là, on aura 2 jours pour traverser l’Espagne. Et on prend le bateau pour le Maroc samedi soir. » Entre temps, Fanny et Lisa ont bien l’intention de s’arrêter manger quelques tapas à Salamanque, une étape « plaisir » avant d’entrer dans le dur : « lundi c’est le début de la course d’orientation et on n’en sait pas plus. »

Si Fanny n’est pas très expérimentée en conduite, elle devra assurer en tant que copilote : « Lisa est nulle en orientation même si on a essayé de se préparer avec une carte et une boussole. » Leur objectif : terminer la course et ramener la voiture. En cas d’avarie, « on a des pièces de rechange dans le coffre et une équipe mécanique pourra nous dépanner si vraiment il y a un souci. »

Le coffre, il a été aménagé pour être le plus pratique possible entre les affaires des filles (notamment la tente pour le bivouac), le matériel technique et les dons qui seront remis à la population marocaine sur le chemin : « on est en relation avec une école de Joué-lès-Tours, République-Liberté. Les enfants vont nous apporter des affaires scolaires et des livres à redistribuer. » « On se sent vraiment utiles, c’est très concret » note Lisa.

A quelques heures du départ, l’adrénaline emporte les inquiétudes : « on a envie de faire des découvertes. La débrouille ne nous fait pas peur et on n’est pas du genre à se prendre la tête pour rien. Tout ce qu’on veut c’est faire de belles rencontres » conclut Lisa. Le plus dur sera peut-être d’atterrir en revenant et de rattraper 2 semaines de cours, « mais nos écoles nous soutiennent, elles ont même sponsorisé l’aventure. »

Olivier Collet