Portraits

Originaire de Ballan-Miré, Maïlys vit désormais en Guyane

Portrait d'une Tourangelle heureuse d'avoir traversé l'Atlantique.

Elle dit avoir toujours eu l'âme d'une voyageuse. Depuis un an, Maïlys vit en Guyane. La jeune femme de 25 ans a quitté la métropole pour travailler de l'autre côté de l'Atlantique et ne regrette pas une seconde d'avoir fait ce choix : "pour moi ce n’était pas « difficile » en soi de partir puisque je répondais à un « appel » de l’intérieur, me poussant à changer de lieu de vie. J’habitais la Touraine depuis 25 ans, et le Vieux-Tours depuis 2 ans, j’y avais mes habitues bien ancrées et c’était très confortable, mais je sentais que je devais sortir de ma zone de confort pour continuer à me construire et évoluer. Puis je trouvais que c’était le comble pour quelqu’un qui aime voyager que d’avoir toujours vécu au même endroit…"

L'envie d'une grande aventure professionnelle

Formée au goût du voyage par ses parents, Maïlys a enchaîné les vols long courrier à partir de ses 18 ans : Irlande, Turquie, Pays-Bas, La Réunion, la Martinique, 1 mois au Mexique, 1 mois de trip en Asie (Myanmar, Thailande, Cambodge)... Seule ou entre amis, "je n'en avais jamais assez" nous écrit-elle depuis le département français situé sur le continent sud-américain.

Originaire de Ballan-Miré, Maïlys a déménagé à La Riche à l'adolescence avant de prendre un appartement près de la Place du Monstre, lui permettant de profiter de la vie active du quartier "et notamment de l'Epée Royale où j'avais mes habitudes." Au collège, elle a fait sport-études option basket à Ballan, puis option italien au lycée Balzac de Tours avant d'entrer en fac de psychologie.

Une fois son cursus terminé, Maïlys a eu envie de tenter une aventure professionnelle loin des bords de Loire : "j'ai donc tapé sur Google « psychologue dom-tom » et j’ai envoyé plusieurs CV. C’est la Guyane qui m'a répondu en premier." Des mails qui sont partis alors que la jeune femme préparait un voyage d'un mois en Asie. Une fois envolée, elle a consulté ses mails... "J'ai signé mon contrat de travail pour la Guyane depuis la Birmanie" se souvient-elle évoquant un changement de vie un peu "brutal" : "je suis rentrée à Tours le 18 septembre et je décollais le 29 septembre pour la Guyane. Tout en sachant que ma grande sœur avait accouché de son premier enfant le 15 septembre."

Un départ préparé à la dernière minute

Une histoire peu banale et surtout une sacrée aventure : "c'était beaucoup d’émotions, des moments très intenses et une logistique incroyable à gérer (vaccins, administratif, appartement, cartons, voiture, etc). Sans compter les millions de questions que je me posais, et mon cœur qui - j’ai cru - allait s’arrêter de battre plus d’une fois."

Finalement, 12 mois plus tard, "ma vie en Guyane est bien remplie et confortable. Ici on a une qualité de vie hors de commun. Un mélange de farniente, de plaisir et de découverte" raconte Maïlys. "J’ai déménagé 4 fois depuis mon arrivée. Aujourd’hui je vis dans une villa avec 6 colocataires de divers horizons, nous nous entendons très bien. Nous vivons dans une belle maison en bois de Bali, où nous avons chacun notre salle de bain et notre dressing. La villa est spacieuse avec un grand jardin et une piscine de 40m3. Nous avons 3 chats et 1 chien et je vis avec mon compagnon que j’ai rencontré ici."

Quelques points négatifs néanmoins : "Il est vrai que c’est l’un des départements les plus marqués par la violence et la drogue. Toutefois c’est comme partout quand on voyage, ne pas faire n’importe quoi et écouter les conseils des locaux…" raconte Maïlys. Elle se préoccupe aussi de la hausse du tourisme qui fait que la Guyane s'abîme, du coup de la vie très élevé et parfois du manque de magasins ou de lieux de sorties.

Des découvertes quasi quotidiennes

Même si ses amis tourangeaux lui manquent beaucoup Maïlys s'épanouit : "mon travail me plait et j’y ai beaucoup d’avantages (11 semaines de congés à l’année), on a l’impression que c’est tout le temps les vacances vu qu’il fait beau et qu’on a la piscine a la maison. De plus, la Guyane est un territoire très riche au niveau de la faune et de la flore et étant une passionnée de nature, de rando et d’animaux je pars en forêt quasiment tous les wek-ends à la recherche de nouvelles sensations et de nouveaux lieux à découvrir. On fait beaucoup de carbets (constructions amérindiennes où on dort en hamac)" décrit la jeune psychologue devenue adepte des réveils aux aurores à la place des grasses matinées tourangelles.

"En Guyane, j’ai pu découvrir des oiseaux aux mille couleurs, kikiwi (très commun), ibbis rouges, aras, toucans. Des grenouilles colorées, des cabiaï, des caïmans, des agoutis, des matoutou et des araignées qui en feraient frémir plus d’une... Je suis également bénévole dans une association qui s’occupe de paresseux. Et bientôt j’ai pour projet de m’inscrire dans une association pour participer au Carnaval de Guyane, qui dure plusieurs mois." Bref, pas de quoi s'ennuyer. Et même si elle a fait quelques allers-retours vers la Touraine, elle préfère aujourd'hui rester dans son département d'adoption pour enchaîner les découvertes, "aujourd'hui, je comprends mieux le créole" nous dit-elle.

C'est donc une jeune femme pleine de projets et épanouie avec qui l'on correspond... Elle conclut par une anecdote : "en métropole j’étais allergique aux fruits (peut-être à cause des pesticides ?) Ici je peux me régaler et en manger à volonté : maracuja, pitawa, mangues, bananes, ananas etc.  J’adore la cuisine créole (épices, sauce chien etc). Les gratins de papaye, les jus maracuja, les bananes pesées, le poisson wahouuuu un régal !" Bilan : "je me vois bien rester en Guyane quelques années encore. J’aimerais néanmoins encore voyager dans d’autres pays d’Amérique du Sud et pourquoi pas essayer de vivre dans un autre DOM avant de peut-être m’installer définitivement en Guyane ?"

Propos recueillis par mail avec l'aide de James Techer, mise en forme : Olivier Collet