Joué-lès-Tours

Des investissements records à Joué-lès-Tours : 17,5 millions d'€

Les orientations budgétaires ont été débattues lors du Conseil Municipal jeudi soir.

Exercice toujours attendu, précédent le vote du budget, les orientations budgétaires sont un moment important dans la vie des communes. L'occasion pour le maire et sa majorité de donner le "La" de leur politique. A un an des Municipales de 2020 c'est encore plus vrai... La preuve à Joué-lès-Tours ce jeudi 21 février.

17,5 millions d'euros d'investissements nouveaux : un record à un an des élections municipales

S'il ne fallait retenir qu'un chiffre parmi ceux donnés par Vincent Telega, adjoint aux finances ce jeudi soir ce serait celui-là : 20 millions d'euros. Il correspond aux investissements envisagés par la majorité de Frédéric Augis cette année.

Un chiffre record, là où ce montant était de 13 millions d'euros l'an passé. Dans le détail, ce sont 17,5 millions d'investissements nouveaux qui sont prévus auxquels il faut ajouter 2,5 millions d'euros de reports de l'année précédente. La ville envisage pour arriver à un tel niveau d'avoir un recours à l'emprunt à hauteur de 10 millions d'euros.

Des investissements qui serviront à financer des projets structurants pour 8,3 millions d'euros (rénovation du centre de loisirs de La Borde ou encore la construction des deux gymnases à Joué Sud...). 4,5 millions seront dédiés à la voirie ou encore 1,5 millions d'euros pour l'achat de foncier.

"Nous sommes dans une année électorale, nous voyons qu'elle est aussi électoraliste"

Ce montant a fait logiquement réagir l'opposition. Que ce soit à gauche, au centre ou à l'extrême-droite, tous les élus d'opposition n'ont pas manqué de s'interroger sur l'annonce d'un tel montant à un an des Municipales. "Nous sommes dans une année électorale, nous voyons qu'elle est aussi électoraliste" a ainsi attaqué l'élu socialiste Francis Gérard.

Parmi les griefs des élus d'opposition, outre le montant même des investissements annoncés, vu comme des promesses en vue de la campagne municipale de 2020, il y a également la question de la dette. Cette dernière est passée en 5 ans de 486 euros par habitant à 817, tandis que la capacité de désendettement est passée dans le même temps de 2,3 années à 7,1. Un mauvais signal pour Laurence Hervé (LREM) : "La dette que vous contractez ce sont nos enfants qui devront la rembourser". Un avis partagé par son collègue de groupe Jean-Christophe Turot : "Le maire a dit aux Jocondiens que la dette n'est pas un sujet. On ne peut pas dire cela dans une ville qui par le passé a été mise sous tutelle brièvement".

"Vous n'avez pas investi hier et on le paye aujourd'hui"

Des critiques entendues par la majorité tout en assumant ses choix. Pour le maire Frédéric Augis : "Notre politique est ambitieuse et rigoureuse. L'encours de la dette augmente mais les taux d'intérets sont bas, cela n'est pas pénalisant". Et son adjoint aux finances de poursuivre en s'adressant aux élus socialistes : "Vous n'avez pas investi hier et on le paye aujourd'hui", rejoint par le premier édile sur le sujet : "Quand vous étiez au pouvoir il n'y avait pas de dettes, mais aucune ambition non plus, vous reportiez vos investissements pour désendetter la ville et vous ne teniez pas vos promesses. Nous avons réalisé 85% des investissements programmés l'an passé."

Et pour la majorité la question de la dette n'est pas inquiétante : "Notre dette est jugée saine puisqu'elle est en dessous de 8 ans de capacité de désendettement" a expliqué Vincent Telega, tandis que Frédéric Augis pointait que la dette par habitant était similaire dans les autres communes de la métropole.

Au-delà de ces questions de chiffres, le débat s'est porté également sur les orientations politiques. Pour Vincent Tison, l'ambition est manquante sur plusieurs niveaux et les investissements faibles en ce qui concerne les écoles, la transition énergétique ou encore la culture et la jeunesse.

Le débat reprendra le mois prochain lors du vote du budget où ces orientations seront rendues concrètes.

MG