Joué-lès-Tours

Salariés de Tupperware : "Notre objectif est de sauver ce qui peut l'être"

Les représentants des salariés Tupperware de Joué-lès-Tours ont tenu une conférence de presse au sein de l'Hôtel de Ville de Joué-lès-Tours.

Alors que les négociations avec l'entreprise autour de la fermeture du site jocondien ont débuté vendredi 03 novembre, les représentants des salariés Tupperware de Joué-lès-Tours (élus DP et CE) ont tenu une conférence de presse au sein de l'Hôtel de Ville de Joué-lès-Tours. Une façon de reprendre la main sur la communication et s'exprimer sur la suite.

Organisé par les représentants du personnel Tupperware, c'est un point presse solennel qui s'est déroulé ce lundi 06 novembre à Joué-lès-Tours. Autour de la table servant habituellement au Conseil Municipal, une dizaine de représentants des salariés mais aussi des élus de tous bords : le maire de Joué-lès-Tours, Frédéric Augis, les députés Fabienne Colboc, Sophie Auconie et Philippe Chalumeau, le sénateur Serge Babary, les élus régionaux Jean-Patrick Gille et Mohamed Moulay. Ces derniers venus réaffirmer leur soutien aux salariés de l'usine jocondienne, condamnée à la fermeture en mars 2018.

Depuis l'annonce de cette fermeture le 19 octobre dernier, beaucoup s'étonnent et s'interrogent sur le silence du personnel Tupperware. En effet, s'il y a bien des syndicats qui communiquent, CFDT et FO, ces derniers ne sont en revanche pas représentatifs dans l'usine jocondienne faute d'élus. Du côté des représentants, la stratégie est autre et face aux communiqués des premiers repris dans la presse, ces derniers ont décidé de s'exprimer officiellement, avant de retourner au chapitre des négociations en cours.

Sauver ce qui peut l'être

« Nous voulons être dignes » clame d'entrée Monsieur Richardeau, lisant un communiqué au nom de l'ensemble des représentants. Souhaitant jusque là ne « pas faire de commentaires pour ne pas envenimer la situation », les représentants du personnel se sont donc exprimés pour la première fois officiellement face à la presse. Une occasion pour eux de justifier leur manque de communication jusqu'à présent : « Nous ne sommes pas seuls, du PSE va dépendre aussi le sort des commerciaux de Tupperware et de ceux qui travaillent en aval pour l'entreprise, nous avons aussi une responsabilité à leur égard » avance l'élu du personnel.

Pas question donc d'engager un bras de fer avec la direction de l'entreprise. Au contraire, ils assument pleinement leur retenue et leur communication mesurée, mais promettent qu'ils pourront, s'ils l'estiment nécessaire, durcir le discours et les actes si jamais les futures réunions autour du PSE n'avancent pas comme ils le souhaitent (une dizaine est au minimum prévue). Pour autant, pas question pour eux d'entendre qu'ils manquent de combativité : « Je peux vous assurer qu'on y passe beaucoup de temps, qu'on se bat » insiste même M. Richardeau. « Nous avons simplement opter pour une autre stratégie. »

Se baser sur les entreprises du secteur installées en Touraine

Résolus malgré eux à l'idée du départ de Tupperware, les salariés sont déjà entrés dans l'après. « On sait que la décision de fermeture est prise, cela ne sert à rien de se battre contre. Il faut garder des forces pour ce qui va venir et sauver ce qui peut l'être. »

Sauver ce qui peut l'être, c'est l'espoir de trouver un repreneur, ce à quoi Tupperware est tenu par la loi dans le cadre du PSE (Plan Sauvegarde de l'Emploi). « Nous ne savons pas quel type de repreneur cela peut être mais notre objectif est de conserver tous les emplois » poursuit Monsieur Richardeau. Du côté des élus, tous affirment leur aide aux salariés. Pour Sophie Auconie, la solution pourrait passer par des entreprises déjà implantées en Touraine. « Nous avons des entreprises spécialisées dans la plasturgie, il faut se tourner vers elles parce que cela pourrait être dans leur intérêt » déclare ainsi la députée.

Photo : représentants du personnel Tupperware, lundi 06 novembre 2017