Indre-et-Loire

A Montlouis, les hélicos ont décollé pour protéger les vignes du gel

Une opération menée au lever du jour.

Déjà la troisième fois ce printemps que le gel menace les vignes en Indre-et-Loire. Le 4 avril il a détruit 20 à 30% de la récolte à certains endroits, dix jours plus tard les dégâts ont été très limités. Notamment grâce aux différents systèmes de protection mis en place dans les exploitations (feux de paille ou tours antigel).

Malgré leur côté très énergivore et donc polluant, ces systèmes de protection semblent avoir fait leurs preuves pour ce troisième épisode critique. Entre samedi et dimanche, le thermomètre est resté en positif ce qui a aidé. Mais dans la nuit de dimanche 5 à lundi 6 mai il y a eu du gel à plusieurs endroits du département.

Les yeux rivés sur les degrés toute la nuit, les vignerons ont choisi de faire décoller les hélicoptères qu’ils avaient réservé dans le secteur de Montlouis-sur-Loire. Dès 5h30 ils étaient prêts et ont pris de l’altitude au petit jour avec l’objectif de brasser l’air pour le réchauffer. En clair, ce système vise à plaquer l’air le moins froid près du sol. Adapté aux vignobles dispersés comme Montlouis qui ne peuvent pas trop utiliser les tours antigel, il est complémentaire des bougies et feux de paille qui créent un écran de fumée afin que l’air chaud ne remonte pas mais aussi que le soleil matinal ne brûle pas les bourgeons. C’est ce qui explique les odeurs de fumées prenantes ce lundi matin dans l’agglomération tourangelle.

Selon les premiers retours des vignerons, la combinaison des différents dispositfs a permis de gagner jusqu’à 2° selon les parcelles du côté de Montlouis, de quoi limiter les pertes. Plus à l’Ouest du département, Bourgueil aurait été épargné par le froid. Il faudra tout de même attendre quelques jours pour faire un bilan précis des dégâts éventuels. Ce qui est sûr c’est que dès ce mardi les nuits seront moins froides, permettant aux vignerons de souffler. Mais leurs difficultés ne sont peut-être pas terminées : les maladies, la grêle ou la sécheresse peuvent encore compromettre les récoltes d’ici les vendanges à l’automne. Des risques climatiques auxquels le monde viticole fait face de plus en plus fréquemment, forçant à trouver des mécanismes de défense.

Photo : Air Touraine - Philippe Fabrégat