Indre-et-Loire

Gilets Jaunes : « pas de honte à reculer » pour le député d’Amboise Daniel Labaronne

Les réactions des Tourangeaux de la majorité au discours du 1er ministre.

Ce mardi peu avant 13h, le premier ministre Edouard Philippe a présenté les décisions du gouvernement à la suite du mouvement des Gilets Jaunes débuté le 17 novembre et été marqué par deux samedis de manifestations violentes à Paris, mais aussi à Tours. Le locataire de Matignon a annoncé un moratoire sur la hausse des taxes prévue au 1er janvier. Donc pas d’augmentation de la fiscalité sur le diesel et l’essence dès les premières heures de 2019, ni d’ailleurs de revalorisation du prix du gaz et de l’électricité. Les nouvelles modalités du contrôle technique automobile sont également suspendues. Valable pour 6 mois, cette décision doit laisser au gouvernement le temps de la discussion lors d’une grande concertation qui va s’ouvrir le 15 décembre et s’achever le 1er mars.

« Je trouve que c’est une bonne chose, on attendait cela depuis quelques jours » se félicite la députée LREM du Chinonais Fabienne Colboc jointe à l’Assemblée Nationale ce mardi après-midi. Néanmoins, l’élue de la majorité refuse de parler de reculade du gouvernement : « ce n’en est pas une parce que l’on est dans la concertation. On n’annule pas tout, on suspend le temps de trouver des solutions qui correspondent mieux aux besoins des personnes. »

« Il ne faut pas croire que les Gilets Jaunes incarnent la France »

Son collègue d’Amboise n’a pas la même analyse : « c’est un recul, certainement. Comme le dit le premier ministre une taxe ne vaut pas l’unité nationale du pays. C’est un apaisement, une décision d’homme d’Etat que je salue. Et il n’y a pas de honte à assumer un recul » affirme Daniel Labaronne à la sortie des Questions au Gouvernement dans l’hémicycle du Palais Bourbon à Paris. 

Mais l’élu de la 2ème circonscription compte bien « maintenir le cap » fixé en 2017 : « il ne faut pas croire que les Gilets Jaunes incarnent la France. Il y a une majorité silencieuse qui nous envoie des messages de soutien. On fait le boulot qui n’a pas été fait depuis 30 ans. On est à un haut niveau de taxes mais on est aussi à un haut niveau de dépenses publiques. On est les champions d’Europe du déficit public, du chômage… Est-ce que les gens ont conscience que l’on a 2 000 milliards d’euros de dettes et un déficit public annuel de 80 milliards ? »

Fabienne Colboc pour l’arrêt des manifestations en centre-ville

Cette position, les élus de la majorité vont devoir l’expliquer, et l’expliquer beaucoup s’ils veulent espérer convaincre car les Gilets Jaunes ont clairement fait savoir que les hausses de taxes c’était juste la goutte d’eau qui faisait déborder le vase : « il faut trouver des solutions, réfléchir avec ces personnes sur leurs problématiques, par exemple trouver de nouvelles solutions pour changer nos pratiques » argumente Fabienne Colboc. « Les gens s’attendaient à des changements tout de suite. Leur colère n’est pas contre Emmanuel Macron, contre d’autres ça aurait été pareil. On a été très vite sur les réformes, le rythme des propositions s’est enchaîné ce qui a empêché la concertation » assure-t-elle après avoir échangé deux fois 3h avec des manifestants de Chinon ou Bourgueil le 20 novembre et le 2 décembre. Aujourd’hui, l’élue appelle « à l’arrêt des manifestations, en tout cas en centre-ville » le temps de la discussion.

« On a 6 mois pour négocier, discuter et trouver des solutions. Si on n’y arrive pas, on repoussera encore de 6 mois » complète Daniel Labaronne qui évoque une situation sociale « compliquée » avec « des revendications difficiles à cerner. J’ai vu une personne demandant plus d’aides sociales et juste en face une autre qui en avait marre de payer pour les aides sociales. Il faut donc dialoguer, discuter et sortir de cette situation par le haut. Si certains veulent engager une révolution, c’est leur responsabilité. » Dès jeudi, le député se rendra ainsi au rond-point de l’Aviation à Parçay-Meslay à 17h30 pour échanger avec les Gilets Jaunes qui en ont fait leur camp de base.