Indre-et-Loire

Centrale nucléaire de Chinon : pas de fermeture de réacteur à court terme

Même si les installations d'Avoine sont vieillissantes.

Ce mardi dans la matinée, Emmanuel Macron a présenté ses ambitions pour la politique énergétique française dans les années qui viennent. Le chef de l’Etat veut que d’ici 2035 la production d’énergie de la France ne soit plus à 70% nucléaire comme aujourd’hui mais à 50%, et forcément ça passera par des fermetures de réacteurs dans les centrales (14 au total).

Lesquels ? Fessenheim en Alsace d’ici 2020, ça c’est acté et il y en a deux. Pour le reste ont est dans le flou le plus complet, l’Elysée ayant plusieurs scénarios sur la table. Une certitude : aucun autre réacteur ne fermera durant le quinquennat, donc d’ici 2022. Ensuite, deux fermetures supplémentaires sont annoncées à l’horizon 2027-2028 (dans dix ans) et peut-être deux autres en 2025-2026 si, et seulement si, la France trouve d’autres solutions pour récupérer son électricité, que ses voisins européens réduisent la part des centrales au charbon et développent le renouvelable.

Alors quid de Chinon ? La centrale tourangelle compte 4 réacteurs … Ils sont vieux, mais pas autant que ceux du Bugey de Cruas ou du Tricastin. Donc à court terme ils ne sont pas menacés, à moyen terme (d’ici 2035), peut-être qu’ils seront concernés, comme ceux de la centrale voisine de St Laurent dans le Loir-et-Cher.

Pour préparer l’avenir et se parer à tout scénario, EDF achète en ce moment des terrains autour de ses centrales régionales, pour envisager le stockage de déchets, préparer le démantèlement ou des développements futurs de ses centrales. C’est d’ailleurs EDF – dont l’Etat est actionnaire – qui sera amené à définir la liste des réacteurs à fermer. Et vu comme il a fallu du temps pour confirmer Fessenheim, même en vieillissant, la centrale de Chinon a encore de beaux jours devant elle, en l'occurence au moins dix ans, peut-être 20.

Comprenez donc qu’en annonçant son plan, Emmanuel Macron a fait un pas vers les défenseurs de l’environnement en assurant son intention de couper une douzaine de réacteurs (sur 58), mais dans le même temps il ménage EDF en retardant le calendrier initial et en lui laissant de bonnes marges de manœuvre.