Indre-et-Loire

Le Sud-Touraine n’est pas prêt pour les éoliennes

Mais il risque de ne pas avoir le choix.

Ce lundi, le président de la Communauté de Communes Loches Sud Touraine Gérard Hénault a réuni les élus du territoire sur une question sensible, pour la planète et pour le moral des villages : les éoliennes. Si on voulait employer une expression carrément passée de mode et déjà vue mille fois dans les médias on dirait que « le Lochois est vent debout contre les éoliennes ».

En résumé : il y a un projet d’implanter 5 éoliennes sur les communes de Vou et La-Chapelle-Blanche-St-Martin. Peut-être qu’il serait temps, alors qu’on ne trouve toujours pas d’usine à vent en Indre-et-Loire ? N’allez pas le dire aux habitants du coin : « 90% sont contre » assure Gérard Hénault. Oui mais tous les recours ont été rejetés par le tribunal administratif de Nantes, l’Etat autorise donc la construction des mâts. « On est choqués parce que ça veut dire que l’opinion des élus n’a aucune importance » explique le président du Lochois qui se dit prêt à appuyer de nouveaux recours pour retarder le chantier.

L'éolienne, ennemie du tourisme ?

Gérard Hénault promet : « je ne suis pas opposé aux éoliennes »… mais il n’en veut pas dans son coin car il craint pour le tourisme. 5 éoliennes sur des centaines de milliers d’hectares peuvent-elles faire fuir les visiteurs venus pour les monuments ou la nature ? Sérieusement ? « Une étude de la CCI de nos voisins de l’Indre conclut que les touristes interrogés veulent aller dans un endroit sans éoliennes » avance l’élu qui a son argumentaire : les éoliennes sont mieux en Beauce… « là-bas ils n’ont pas de problème majeur », comprenez : pas de touristes.

Selon Gérard Henault, « il ne faut pas penser en termes de territoire mais au niveau national. » Donc d’après lui certains territoires sont prédestinés à l’éolien, mais pas tous, et surtout pas la Touraine. Et puis « d’autres départements comme la Gironde n’ont pas d’éoliennes non plus. » Il se la joue même taquin, en comparant ce qui n’est pas vraiment comparable : « on verra le jour où il y aura des éoliennes dans le Jardin du Luxembourg à Paris ».

Pas d'éoliennes mais des panneaux solaires

Ce point de vue est-il généralisé en Sud-Touraine ? Non, évidemment : « il y en a qui aimeraient bien, mais je pense qu’ils se prononcent un peu vite » poursuit Gérard Hénault même s’il dit comprendre « les agriculteurs à qui on propose l’occupation d’un coin de terre contre plusieurs milliers d’euros. Mais je crains qu’à terme ils doivent payer le démontage. Ou alors on va se retrouver avec des cadavres d’éoliennes. » Des propos choc qui se veulent prémonitoires pour accréditer une thèse bien hypothétique.

Alors Gérard Henault et ses collègues élus sont-ils des ennemis de l’environnement ? « Non, nous avons un certain nombre de projets. Notre filière Bois fonctionne bien, on peut aussi travailler sur la géothermie ou la méthanisation. On s’apprête à faire une ferme photovoltaïque à Descartes, une autre de 9 hectares à Preuilly-sur-Claise ou dans un ancien dépôt des ordures. Ce sont des projets que nous avons du mal à sortir alors qu’ils ne font pas polémique » se plaint l’élu (et donc, si l’on suit bien, ceux-ci ne gâchent pas le paysage, en dépit de leur grande étendue). Sa conclusion : « je regrette que les projets d’éoliennes arrivent avant même que l’on ait exploré d’autres pistes. »

 Olivier Collet / Photo : Flickr

 

L’avis de la SEPANT :

Grande association tourangelle de protection de l’environnement, la SEPANT se prononce en faveur des éoliennes « au cas par cas ». « Elle désapprouve l'implantation d'éoliennes dans certains sites : implantation dans une forêt comme Brizay, où un projet de parc éolien est envisagé dans les bois de la Gabillière, ou proche d'une lisière de forêt, en raison des risques pour les populations de chiroptères ; ou dans des couloirs connus pour le passage des oiseaux migrateurs » écrit son président Pierre Richard. Pour le projet de Vou / La-Chapelle-Blanche, elle ne se prononce pas directement mais rappelle que la Ligue de Protection des Oiseaux s’oppose au projet. Quant à d’autres construction sur le Lochois ou la région de Château-Renault, « ils devraient pouvoir aboutir sans susciter d’opposition sur l’angle environnemental. » Reste à passer l’obstacle des riverains…