Indre-et-Loire

[#MIAM] Chez Lise et Bertrand : vins bio, mozza à tomber et terrasse au pied des vignes

Les vignerons de Montlouis ont leur propre bar à vin jusqu’à la fin de l’été.

Comme beaucoup de professionnels du vin tourangeaux, Lise et Bertrand Jousset ont beaucoup souffert à cause de la météo ces dernières années. Installé à Montlouis-sur-Loire depuis 2004, le couple a subi le gel en 2012, 2013, 2016 et 2017. Suffisant pour mettre une exploitation à terre... ou pour relancer une activité un peu différemment.

Face aux récoltes dérisoires, la sommelière de formation et l’ancien militaire qui travaillent 8,5 hectares en bio ont rapidement opté pour l’option Négoce. Autrement dit, ils ont acheté du vin dans d’autres régions, et notamment dans le Tarn. Via ce procédé, ils ont produit en Touraine des vins de France qui s’exportent très bien, aux Etats-Unis, au Japon, au Danemark ou, plus près, dans certains bars parisiens. En 2017, autre idée pour trouver d’autres revenus : proposer à manger et à boire, directement au domaine, au 36 de la Rue des Bouvineries au sud de la ville, face au vignoble.

Voilà donc comment commence l’histoire du bar à vin de Lise et Bertrand. La première année, ils ont animé le lieu avec un salarié. Pour 2018, ils ont fait confiance à un couple qui servait leurs breuvages dans une affaire montée à Béziers : Mathieu et Valentine. Entre temps, la philosophie n’a pas changé, l’idée étant de mettre en valeur les vins du domaine Jousset (produits avec les raisins de Montlouis ou d’ailleurs) + ceux validés par les quatre palais sus-cités, le tout accompagné de bonnes petites choses à grignoter, glanées au fil de rencontres et de réseautage.

Lise et Bertrand Jousset

« On a une trentaine de fournisseurs » explique Bertrand qui prend de la viande à Larçay, de la charcuterie à Amboise... Le plus souvent en bio, voire fait sur place par Lise (pour la terrine). Nous voilà donc à enchaîner les petites assiettes : de la mozarella italienne au lait cru dont on se souviendra longtemps, des anchois d’une des dernières pêcheries du Pays Basque forts en goût, des tomates hyper réputées du Château de la Bourdaisière, du thon blanc venu du Pays Basque d’une fraîcheur exquise, un duo de courgettes froides au chèvre frais accordé à la perfection, un concombre et son jus maison avec un soupçon de sarrasin ou de la saucisse de foie achetée dans le Tarn, et séchée sur les bords de Loire. « Une cuisine de blancs » glisse Bertrand en servant un Mosquito, une de ses 18 cuvées, un vin « exilé » affichant un moustique fier sur son étiquette. Provocant à l’oeil, apaisant en bouche, fruité et naturel, légèrement espiègle mais câlin.

« C’est cool de pouvoir goûter autre chose que du chenin à Montlouis » poursuit le vigneron, fier de réussir à convaincre ses clients de goûter aux vins étrangers. A 500m du parcours de la Loire à Vélo, il commence à voir les touristes passer mais celles et ceux qui s’attardent sur la terrasse sont essentiellement des gens du cru, ou attirés par les quelques guides qui ont flairé le petit coin de paradis.

La mozza

Les anchois

Amoureux de la Loire, impulsifs mais respectueux du temps long de la nature, Lise et Bertrand ont incontestablement la fibre de 2018, celle qui consiste à faire des sélections rigoureuses, à prendre des risques pour tester, à se mouiller quitte à se mettre sur la corde raide et à garder le meilleur en toutes circonstances. Dans leur caractère, la gestion de leur entreprise ou les choix de leurs produits. Même s’ils sont aujourd’hui remarqués et observés de près par le monde du vin, les jeunes parents d’une petite fille de 5 ans t demi ont encore à faire leurs preuves dans la durée : « on n’a pas fini de remonter la pente, des années de merde on en aura d’autres » indiquent-ils, en précisant par exemple que la récolte de cette année « bizarre » ne sera pas forcément grandiose, cette fois plutôt à cause des maladies.

Alors en attendant les vendanges, ils se donnent à fond dans ce petit bar à vin des copains ouvert du jeudi au lundi, midi et soir. Avec même des bières (de Tours ou du Jura), du vin géorgien voire des magnums. Pour les tarifs, 18 à 48€ la bouteille, celles du domaine souvent entre 20 et 23€, 4 à 8€ au verre. Pour manger, 6 à 16€ pour les assiettes, 12-15€ pour les fromages (comté + vin jaune, par exemple, rare) et 4 à 6€ pour les desserts (on conseille vivement le clafouti).

Olivier Collet

La page Facebook du bar à vin est ici...