Indre-et-Loire

Les campeurs de Terres du Son sont formidables

On a fait le bilan du festival au milieu des tentes.

Nous sommes dimanche après-midi, Terres du Son s’achève dans quelques heures et sur le camping (gratuit) situé en contrebas du site on commence déjà à replier quelques tentes, parfois en chantant du Kyo avec un soutien gorge composé de coquilles St Jacques (Kamoulox pour ce jeune homme venu d’Orbigny).

La fête est presque finie : « j’ai un oral coefficient 6 mardi, ça va être compliqué » lâche une festivalière mancelle qui va devoir défendre un mémoire... dont elle est incapable de nous donner l’intitulé. Disons que ce n’est pas le moment d’y penser, « on verra demain », d’ailleurs juste à côté l’un de ses potes fait le pitre en glissant sur une toile de tente fatiguée et ponctuellement transformée en piscine : « on remballe pas, on fait semblant ! On remballe pas, on boit du vin ! » répète-t-il en boucle. 

S’il y avait une option « fête » au bac, les campeurs de Terres du Son auraient sans doute la mention Très Bien... Habitués ou novices, ils vivent deux festivals en un : devant les scènes et au milieu des tentes, où les soirées peuvent se poursuivre jusqu’à l’aube et où les apéros débutent dès le milieu de l’après-midi. Cela dit, il y a aussi le camping zen pour celles et ceux qui veulent tenter de dormir et l’activité sieste est très populaire, de préférence en plein air pour ne pas étouffer dans les tentes : « dès 6h30 du matin ça devient compliqué » nous dit une jeune rennaise en maillot de bain, un brumisateur à la main.

En résumé, au camping, on a chaud et on est chaud : « réveillez-vous ! » lance un gars torse nu en passant près d’un groupe qui a transformé un matelas gonflable en canapé... Un peu plus loin, un autre mec répète en boucle « on est en demi, on est en demi », sans que l’on sache vraiment s’il a deux jours de retard ou s’il est en boucle depuis la victoire des bleus vendredi. Toujours à propos de foot, au fond de la prairie, un festivalier agite un drapeau tricolore en criant « Benjamin Pavard... Benjamin Pavard ! ». Et sinon, un concert préféré depuis le début de l’événement ? « Lomepal et Django Django c’était bien mais souvent on va devant les scènes sans connaître, et si c’est bien on reste, on découvre. »

Muicalement, les rappeurs ou The Liminanas sont ceux dont on nous a le plus parlé au cours de notre déambulation, Calypso Rose, Fakear et Her étant les artistes les plus attendus de cette journée de dimanche. « C’est notre première fois ici, c’est sympa et convivial, la prog’ est cool et ça valait le coup de se coucher tard pour voir Yuksek » résument deux amis qui émergent tranquillement avant de repartir pendant que leur pote pleure le casque de viking qu’on lui a volé. Un petit tracas qui n’entâche pas sa motivation. D’ailleurs, l’optimisme est un art de vivre à TDS : car si les habitués nous disent souvent trouver qu’il y a moins de monde que les autres années, que l’ambiance a baissé d’un cran ou que ça manque de têtes d’affiche ça ne les empêchera pas de persévérer et de réserver à l’avance leur week-end pour 2019 comme ce jeune couple formé l’an dernier sur le festival : « depuis, on vit ensemble » confient-ils.

Olivier Collet