Indre-et-Loire

Moins énergivore, la maison de demain est arrivée à Montlouis-sur-Loire

C’est la première labellisée E+C- en Centre-Val de Loire.

Intégrer l’empreinte carbone dans les constructions, tel est le nouvel enjeu imposé par les pouvoirs publics au secteur du bâtiment. Lancée en 2016, l’expérimentation implique non seulement de réduire la consommation énergétique mais également de réduire l’impact carbone des constructions, en portant attention aux produits et à leur fonctionnement jusqu’à leur cycle de vie.

La filière a encore deux ans pour effectuer des recherches dont les résultats alimenteront la nouvelle réglementation RBR (Réflexion Bâtiment Responsable) qui devrait entrer en vigueur en 2020.

A Montlouis, l’une de ces expérimentations vient d’être inaugurée. Première maison individuelle de la région Centre-Val de Loire labellisée « Energie positive et Bas carbone », E+C-, elle répond à de nouvelles exigences, plus drastiques que la règlementation actuelle qui date de 2012. C’est l’association Promotelec services qui lui a délivré ce label, le 10ème en France.

« Labhome », un pavillon pas comme les autres

Ce « Labhome » de 110 m2 s’insère parfaitement dans l’alignement des pavillons mitoyens classiques que le promoteur Maisons Ericlor construit. Or, contrairement à ses voisines, son bâti en brique de terre cuite est très isolant et elle consomme en moyenne 6 fois moins d’énergie primaire* qu’elles. Son toit est muni de 6 panneaux photovoltaïques et d’une batterie qui lui permet une autonomie d’énergie d’environ 2 heures par jour. Le chauffage au gaz naturel par le plancher s’accompagne d’une filtration de l’air très poussée. Seul bémol, elle est 20% plus chère qu’une maison actuelle, même si les économies d’énergie sont significatives : d’au moins 30 à 40%.

  • * L’énergie primaire est l’énergie totale dépensée, comprenant les pertes liées à la production et au transport.

Montlouis, le poumon de Tours

Le nouveau quartier des Hauts de Montlouis n’a pas été choisi par hasard : « c’est le poumon d’oxygène de Tours, et le futur de l’habitat individuel, dense, urbain qui nécessite une autre manière de concevoir les maisons », explique Dominique Lavallée, président de maisons Ericlor. Et en effet, ce quartier dont les tous premiers habitants s’installent à peine, comptera dans 15 ans 800 logements sur 34 hectares. S’il est « fier de la présence de cette maison expérimentale », le maire Vincent Morette n’oublie pas sa volonté de favoriser un habitat abordable aux jeunes familles notamment.

Productrice d’énergie, bas carbone… Et économique

C’est le challenge que souhaite relever Mathieu Crambert, créateur du concept, sur le long terme : « il faut trouver un bon compromis entre la valeur énergétique, l’empreinte carbone et les contraintes économiques ». La consommation thermique sera étudiée par ses équipes durant 2 ans, mais il faudra trouver le moyen de réduire les coûts de fabrication. Pour les acteurs, l’enjeu est de taille, il s’agit aussi de s’organiser. Aujourd’hui les filières de matériaux écologiques ne sont pas toutes viables, ce qui peut expliquer ce choix étonnant de la laine de verre et du gaz naturel, une énergie qui est encore aujourd’hui majoritairement fossile.

…Et moderne

Habitat du futur, le pavillon expérimental est équipé en domotique : on peut gérer la maison avec un smartphone, fermer et ouvrir les volets, régler le chauffage et la ventilation à distance, gérer et faire des prévisionnels de sa consommation.

Dorothée Briand