Indre-et-Loire

7 millions d’euros de pertes pour Val Touraine Habitat

Le plus grand bailleur social de la région va "réduire la voilure".

Le nombre de logements sociaux baissera-t-il en Indre-et-Loire ? C’est ce que promet le président du Conseil Départemental, Jean-Gérard Paumier, également président de Val Touraine Habitat, l’office HLM départemental, le plus important de la région.

Suite à la réduction des crédits alloués par l’Etat à l’aide à la pierre (moins 96 millions d'€ à l’échelle nationale) cet été, la baisse des APL (Allocations Personnalisées au Logement) et des loyers dans le parc HLM, Val Touraine Habitat a fait ses calculs : une perte de recettes de 5,6 millions d’euros.

En effet, 52% de ses locataires touchent l’aide de la CAF, mais la baisse de loyers s’appliquera aussi à une fourchette de revenus supérieure et concernera donc plus de foyers. À cela s’ajoute une hausse de TVA applicable sur les travaux en cours - passant de 5,5% à 10% - soit une perte de 2 millions.

Au total, des pertes qui s’élèvent à 7.620.000€ pour l’année 2018.

L’impact des mesures gouvernementales se fera sentir « en deux temps » affirme le président. L’office, financé à 95% par les loyers, va, dans un premier temps, « réduire la voilure », c’est-à-dire rogner sur les frais de fonctionnement, de personnel, de structure et l‘entretien du patrimoine. En 2019, en fonction de la loi Elan prévue à l’ordre du jour du Conseil des ministres en mars et à l’Assemblée en juin, c’est l’investissement qui sera impacté. Un impact essentiellement sur la construction puisqu’il est « le plus gourmand en fonds propre » : de 25 à 30%.

Une inquiétude sur l’avenir des HLM

Jean-Gérard Paumier craint que la future loi Elan remette plus largement en cause le modèle des offices HLM et qu’elle favorise les établissements privés (type Touraine Logement). Or, le statut des offices, dont le conseil d’administration est composé d’élus, les met en adéquation avec les besoins du terrain : les opérations sont toutes menées en collaboration avec les édiles locaux. « La question c’est : qu’est-ce qui est efficace pour les territoires ? » et de lister les atouts de la structure publique : la proximité, l’implantation territoriale, le rôle de conseiller d’aménagement auprès des élus ; en outre, un investisseur majeur dans le BTP local, pour lequel 1200 entreprises travaillent.

Avec ses 23.415 logements en Indre-et-Loire sur 200 communes, Val Touraine Habitat partage avec l’autre office public, Tours Habitat, 75% des logements sociaux sur les 46.000 du département. Aussi, quand est évoqué le rapprochement des structures jugées trop nombreuses : « en Indre-et-Loire, il n’y a pas pléthore d’opérateurs », lâche-t-il.

Les grands projets 2018

Val Touraine Habitat n’est pas seulement le bailleur social qui gère de l’habitat à loyer modéré. Il peut être aménageur, comme pour ces deux grands programmes prévus à Notre-Dame-d’Oé et à Langeais : 2 fois 200 logements devraient sortir de terre, dans le cadre d’une politique de mixité sociale et dont 10% seulement sont réservés au parc HLM. Les travaux de la future Maison des Solidarités de Loches, qui démarrent en avril, sont réalisés sous mandat départemental et communautaire. Partenariat similaire avec la gendarmerie du département pour qui Val Touraine Habitat va encore construire 28 logements à Avoine en 2018 et 39 pour la caserne de Loches.

Réfléchir au vieillissement

D’actualité, la question du logement des personnes âgées est également dans les prérogatives du bailleur à la demande des élus. Depuis 2 ans, il construit de petites maisons de plain-pied regroupées et adaptées au handicap avec une salle commune pour accueillir des services communs. Une solution, selon le président du département, en charge des EHPAD, pour faire face à l’isolement des personnes âgées. A Langeais, les 20 logements sociaux seront munis d’ascenseurs.

Constructeur de l’EHPAD de 95 lits de Richelieu qui verra le jour en mars, le directeur général Jean-Luc Triollet souhaiterait faire évoluer les missions de l’office mais déplore : « la loi nous contraint trop, nous n’avons pas le droit de limiter nos logements à une catégorie de population. Nous souhaiterions aussi pouvoir développer les services pour accompagner les personnes âgées ».

Dorothée Briand