Indre-et-Loire

Batterie de mesures pour plus de sécurité routière en Indre-et-Loire

Des capteurs sur les routes, des travaux dans le sud du département ou des actions de prévention.

En 2017, 32 personnes ont perdu la vie sur les routes d'Indre-et-Loire malgré une baisse du nombre d'accidents. C'est presque comme en 2016 (34 victimes) et la situation est complexe en 2018 avec 5 décès sur le seul mois de janvier. Et pourtant, le département connait une baisse du nombre de collisions sur les routes avec -4,8% de 2014 à 2017, alors qu'au niveau national c'est à peine plus d'1%.

  • C'est donc clair : il y a moins d'accidents, mais ils sont plus graves.

Pour enrayer ce phénomène, la préfecture, le procureur de Tours, le Conseil Départemental et la Maison des Maires d'Indre-et-Loire viennent d'adopter un plan d'actions jusqu'en 2022 afin de mettre en place des mesures de prévention ou des travaux qui doivent permettre d'améliorer la sécurité routière.

Un exemple : à Yzeures-sur-Creuse dans le sud du département, un carrefour a été identifié comme particulièrement dangereux à cause de sa largeur. Le président du Conseil Départemental Jean-Gérard Paumier a annoncé que 400 000€ de travaux seraient entrepris en cette année 2018 afin de le sécuriser. Il doit ausis travailler à des améliorations sur la D31 dans le secteur de Bléré ou Montlouis-sur-Loire alors qu'il y a encore eu un accident mortel récemment à Pocé-sur-Cisse, à un endroit reconnu comme dangereux à proximité d'une zone d'activité économique, "mais il faut se méfier de certains aménagements car parfois cela accélère la vitesse" pointe l'élu.

Plus de zones à 70km/h ?

Si des points noirs sécuritaires ont été recensés sur le réseau départemental, les autorités promettent que les routes sont globalement de bonne qualité ("la route n'est pas responsable de tout", dixit le président du Conseil Départemental). Il n'empêche, de grands chantiers semblent nécessaires comme un réaménagement de la D943 entre Tours et Loches afin de mettre en place des zones de dépassement, de quoi permettre d'augmenter la vitesse à 110km/h sur certains tronçons, alors que celle-ci sera limitée à 80 partout ailleurs dès le 1er juillet, "la question de passer certaines portions à 70km/h se pose également" a noté Jean-Gérard Paumier, comme cela avait été fait sur la levée de la Loire au niveau de Fondettes.

  • La préfète Corinne Orzechowski l'assure : la vitesse reste une des principales causes d'accidents en Touraine car "sur les départementales, les gens roulent vite. Les comportements rendent les routes dangereuses, par exemple quand des personnes préssées font une embardée en doublant et percutent la voiture qui arrive en face."

L'alcool, les stupéfiants et surtout l'usage du téléphone portable sont aussi pointés comme des phénomènes problématiques dans le département, alors qu'une grande majorité des sinistres ont lieu sur le trajet domicile-travail et aux heures de pointe (7h30-9h le matin et 16h30-19h le soir). "Il faut aussi expliquer que le code de la route a changé, notamment pour les cyclistes qui peuvent emprunter des rues à sens unique" poursuit la représentante de l'Etat. 10% des blessés de la route tourangeaux étaient à vélo, en France la moyenne est de 7%.

Des actions en direction des séniors

"Souvent les gens qui ont des accidents sont de bonne foi mais ils n'ont pas les bons réflexes en terme de sécurité" s'alarme le procureur Jean-Luc Beck, privilégiant des actions de prévention avant la répression, notamment en direction des séniors (informer sur les aides à la conduite, proposer des stages de sensibilisation après un accident, inciter à l'abandon de conduite en proposant des solutions de mobilité alternatives...).

En Indre-et-Loire, plus de 15% des tués sur la période 2012-2016 ont plus de 75 ans, un chiffre supérieur à la moyenne nationale. Il faut aussi s'attendre à des actions contre les stupéfiants au volant alors qu'un sinistre sur 5 implique une personne droguée dans le département ces 5 dernières années (et encore, le chiffre est peut-être minoré car les contrôles ne sont pas systématiques).

Des capteurs pour analyser le trafic et un permis pour les moins de 18 ans

Autres initiatives : pour un meilleur diagnostic de la circulation, le Conseil Départemental d'Indre-et-Loire installera dans les prochains mois des capteurs sur les routes afin de compter les véhicules (voitures ou camions) mais ils serviront aussi à diagnostiquer en amont les risques de verglas, et à n'envoyer les saleuses sur le terrain que si nécessaire. La carte des aménagements et le coût de ce dispositif ne sont pas encore connus. En mars, Nazelles-Négron ou Fondettes s'associeront par ailleurs avec le Critérium des 24h du Mans pour proposer une sorte de permis aux jeunes de moins de 18 ans sur des voitures dédiées, une première en Indre-et-Loire qui fonctionne apparemment bien en Sarthe, dixit Cédric De Oliveira, le président des maires du département.

Olivier Collet