Indre-et-Loire

Pontourny : fermeture actée pour le centre de déradicalisation

Le ministre de l’intérieur l’a confirmé ce vendredi.

C’est tout sauf une surprise : le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a annoncé que le centre de déradicalisation de Pontourny situé à Beaumont-en-Véron en sud Touraine allait fermer, et donc ne plus accueillir de nouveau pensionnaire. Tout cela moins d’un an après son ouverture officielle. Le projet a toujours été entâché de polémiques entre riverains mécontents et « volontaires » aux profils plus sérieux que prévu (l’un d’eux a fugué et a tenté de partir deux fois en Syrie).

« L’expérience ne s’est pas révélée concluante » a précisé le ministre, pointant notamment parmi les faiblesses du dispositif le fait que le volontariat des pensionnaires était requis. Gérard Collmb a ensuite ajouté que le gouvernement réfléchissait à d’autres dispositifs de lutte contre la radicalisation dans des lieux accueillant de petits groupes mais dans un contexte différent ce celui d’une prison. Il n’a pas donné d’autres précisions.

De son côté, sur franceinfo, la sénatrice écologiste Esther Benbassa, auteure d’un rapport sur la politique française en matière de lutte contre la radicalisation, a estimé que ce centre « ne pouvait pas marcher » à moins « de croire aux miracles », critiquant le principe même de déradicalisation. « Le concept était erroné dès le départ, les gens ne savaient pas ce qu’on allait faire d’eux. »

Depuis mars, plus personne ne dormait dans ce centre conçu pour héberger jusqu’à 25 pensionnaires pour un séjour de dix mois. Cependant, il y a toujours du monde à Pontourny : les salariés du centre. Les CDD ne seront pas renouvelés au 31 août mais les autres s’inquiètent pour leur avenir. Le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire suggérait la semaine dernière au gouvernement de réinstaller entre ces murs des mineurs étrangers isolés. Avant la transformation de la bâtisse en centre de déradicalisation (l’unique de France, alors qu’à l’origine il devait y en avoir une douzaine), la mairie de Paris y accueillait déjà des jeunes immigrés sans famille. Elle est d’ailleurs toujours propriétaire des murs.