Indre-et-Loire

L'appel du pied de Sophie Auconie aux Macronistes

La candidate LR-UDI est opposée à Marisol Touraine pour le second tour des législatives.

C'est peut-être le duel le plus incertain de ce second tour des législatives en Indre-et-Loire, celui sur la 3ème circonscription allant de St Avertin, Chambray et St-Pierre-des-Corps à Loches et au Sud-Touraine via Montbazon. Deux femmes y sont face à face : Marisol Touraine, élue députée en 2012 avant d'être ministre de François Hollande. Officiellement elle est socialiste mais a abandonné le logo de son parti se réclamant désormais de la majorité présidentielle, déroutant une bonne partie de la gauche.

En face, Sophie Auconie - déjà élue à Tours - sort de sa ville pour tenter de retrouver un mandat important depuis qu'elle a perdu son poste de députée européenne. Elle a terminé 8 points derrière sa rivale au soir du 1er tour mais peut espérer l'emporter par le jeu des reports de voix de la droite voire du Front National, d'autant plus si la gauche a du mal à se mobiliser pour Marisol Touraine un peu considérée comme une traitre chez les socialistes. C'est d'ailleurs sur cette 3ème circonscription que les Verts ont fait leur meilleur score et que le nombre du bulletins blancs a été le plus élevé. C'est aussi sur ce territoire que le score d'une candidate pro-Macron est le plus faible du département (les 4 offielllement sous étiquette du président ont dépassé les 30%, voire 35%).

Du coup, Sophie Auconie joue sur les deux tableaux pour tenter d'amener vers elle un maximum d'électeurs. Un calcul politique d'équilibriste comme en a fait son adversaire par le passé (plutôt avec succès pour l'instant, il faut lui reconnaître). Elle déclare ainsi : "Oui, il faut donner à Emmanuel Macron sa chance. Car c'est pour cinq ans la chance de la France. Mais cela ne veut pas dire donner un blanc-seing, ni se fondre dans un grand assemblage de modérés qui laisserait à terme la meilleure place aux partis-extrêmes. Je veux faire entendre cette voix, que je crois celle de la raison et de l'espérance" en se félicitant par ailleurs des soutiens d'Alain Juppé (maire de Bordeaux, que Sophie Auconie a soutenu à la primaire de la droite) et de l'ancien ministre centriste Jean-Louis Borloo.

Pour l'instant, Marisol Touraine n'a pas vraiment reçu de soutiens supplémentaires. Les Verts n'y comptent pas, les socialistes pas vraiment non plus, et même La République En Marche qui n'a pas de candidat officiel sur cette circonscription et se l'est fait imposer par ses instances nationales ne compte pas faire d'effort. Aux électeurs d'aller voter en leur âme et conscience, pour ceux qui réussiront à le faire et trouveront la motivation de se déplacer. L'abstention pourrait bien être encore plus élevée que ce dimanche...