Indre-et-Loire

LEGISLATIVES : Une fin de campagne qui sent la rouille

Cyril Hanouna s'y est même invité.

Quand on n'a pas la voix qui porte assez fort pour faire passer ses idées, c'est bien connu, on essaie de décrédibiliser l'adversaire par tous les moyens; Et plus c'est gros, plus ça passe. Surtout sur les réseaux sociaux.

En Indre-et-Loire, les lieutenants de Laurent Baumel nous ont fait le coup ce jeudi. La cible : Fabienne Colboc, la candidate du parti du président Macron qui pourrait bien finir par piquer son siège au député socialiste sortant du Chinonais. Coup de bol : la novice en politique a foiré son débat sur le plateau de nos confrères de France 3. Et en beauté, avec des réponses parfois pas du tout compréhensibles. C'est moche pour elle.

Du coup elle en paie les frais. Mais pas parce qu'elle a savonné. Non : parce que Cyril Hanouna a repris la séquence dans son émission Touche Pas à Mon Poste. Cyril Hanouna, l'animateur infréquentable condamné à ne pas pouvoir diffuser de publicité pendant 3 semaines pour ses séquences au-delà des limites de la morale voire de la légalité. Alors vous comprenez, voir la tête de la peut-être future députée de la 4ème dans son émission, c'est le comble de la honte.

"La Touraine et les habitants de la 4ème circonscription ne peuvent pas être représentés par une Députée Hanouna" lit-t-on sur Facebook. Mais c'est quoi au juste une "Députée Hanouna" ? On n'ose pas imaginer... Et si c'était l'émission (plus sérieuse) de Yann Barthes qui avait repris la séquence (ce qui aurait été tout à fait plausible), ils auraient dit quoi ? Ou Le Petit Journal de Canal+ ? "La Touraine ne peut pas être représentée par une députée Bolloré", peut-être.

Le maire de La Riche Wilfried Schwartz s'est lui aussi emparé de l'affaire parlant de sa "honte" et de sa "consternation" de voir la circonscription de sa commune dans une émission de télé-réalité. Et d'appeler les candidats à aller rencontre la population. "Sortez de vos bulles" écrit l'ex socialiste désormais "divers gauche". On a envie de leur dire la même chose : "sortez de vos bulles (numériques), arrêtez d'essayer de traquer le moindre faux pas anecdotique des autres et montrez vos forces sur vos idées. Si vos adversaires en sont incapables, ça se verra, croyez-nous. Mais ce n'est pas sur des bafouilles que l'on juge de la compétence ou non d'un(e) candidat(e). On peut s'en moquer, parce que c'est vrai que c'est drôle, mais pas juger. Juger, c'est s'abaisser." Au final, on se dit qu'ils n'ont surtout pas dû digérer la Une du journal La Croix avec la fameuse Fabienne Colboc en vedette.

Ce n'est pas tout, la deuxième polémique de cette fin de semaine concerne un courrier signé par Serge Babary (maire de Tours), Jean-Gérard Paumier (président du département) et Philippe Briand (président de la métropole) pour soutenir leurs poulains LR-UDI : Céline Ballesteros à Tours et Claude Greff sur Amboise. Le texte est identique, copié-coller (bah oui, pourquoi se fouler, ce ne sont pas les mêmes électeurs). Mais, oups, ils ont laissé les logos des institutions en haut de la page pour faire joli. Sauf que ça donne à la chose des airs de communiqué officiel des administrations, et ça c'est moche, en tout cas pas très malin. Du coup ça jase aussi sur Internet.

Ajoutez à cela les photos pour nous montrer que le candidat La République En Marche de Tours Philippe Chalumeau a été coller ses affiches dans des endroits de la ville où on ne pourra pas voter pour lui (oups !), les posts pour nous dire que les équipes de campagne de Jean-Patrick Gille se sont fait piquer leur place sur un marché par la droite suite à une intervention de la police municipale ou encore les différentes photos d'affiches France Insoumise et autres autocollants LR collés là où il ne fallait pas et on a là le tableau moribond d'une campagne où le fond semble avoir autant du mal à décoller que les agents municipaux galèrent à éliminer les affiches indésirables... L'économie, la sécurité, l'emploi, l'Europe... On verra donc ça plus tard. Mouais... Vivement que ça se termine, qu'on puisse enfin passer à la campagne des élections européennes de 2019.