Indre-et-Loire

Le grand ménage sanglant de Jérémy Bouquin

L’auteur tourangeau vient de sortir un nouveau polar.

 Jérémy Bouquin a le chic pour mettre au point des histoires tordues et assez crues. Avec Une Femme de ménage, il franchit un nouveau pallier en racontant l’histoire de Sandra, une nana paumée dans la vie, vivant dans une ferme en ruines et à moitié amoureuse d’un boulanger marié qui trouve le moyen de devenir riche d’un seul coup en devenant femme de ménage… de scènes de crime. Son boulot consiste donc à découper, dépecer, dissoudre… les corps des victimes de ses clients et au passage de faire place nette sur les lieux des assassinats pour faire comme si il ne s’était jamais rien passé. Elle doit être réactive, répondre au quart de tour à l’avocat véreux qui lui dégotte ses contrats et ruser quand elle retourne acheter des litres d’acide au magasin de bricolage du coin.

Dès les premières pages, l’auteur nous prend au vif, ne nous épargne pas les détails… Il nous inciterait presque à être bienveillant à l’écart de son personnage tellement en marge qu’elle en devient sympathique malgré sa complicité pour des affaires sordides et ses méthodes de bouchère revendiquées qui tiennent presque de la magicienne tant elle parvient à ne jamais se faire coincer malgré des imprudences.

Plutôt habile, rythmé, parfois drôle, Une Femme de ménage se lit rapidement, avec quelques rebondissements assez improbables, d’autres plus attendus : on frise souvent la science fiction dans les campagnes de la Beauce. On se retrouve quand même, en 240 pages, avec une affaire de mafia, un adultère, des roses louches et même des vampires.

 

Une Femme de ménage de Jérémy Bouquin, French Pulp Editions, 18€99.