Indre-et-Loire

Dans les vignes, « ce serait bien qu’on passe au printemps »

Le gel a encore fait des dégâts cette semaine, les hélicoptères restent en alerte ce vendredi.

« Je n’arrive plus à compter le nombre d’hélicoptères en action au-dessus du vignoble d’Indre-et-Loire » dit ce jeudi soir Guillaume Lapaque, le représentant des associations viticoles du département. Selon lui, ils étaient 17 à survoler les exploitations ce jeudi matin à Montlouis-sur-Loire, Bourgueil ou Azay-le-Rideau afin de brasser l’air pour le réchauffer et protéger les plants du froid. Car les températures sont encore descendues au-dessous de zéro près du sol, menaçant les bourgeons. C’est la deuxième année de suite un an jour pour jour après le gel qui avait brûlé une bonne moitié de la récolte tourangelle, c’est la deuxième semaine de suite après une première alerte sérieuse autour du 20 avril, et c’est la deuxième journée de suite cette semaine, en attendant un vendredi matin qui s’annonce bien frisquet sur le département. Fichue loi des séries : « ce serait bien qu’on passe au printemps… » espère aujourd’hui le professionnel.

Alors on fait le bilan… « Globalement, il n’y a rien de catastrophique et de comparable à l’an dernier » pondère vite Guillaume Lapaque. 10 à 15% de la récolte seraient perdus entre la semaine dernière et cette semaine (la journée la plus difficile ayant été celle de ce mercredi), sans certitude car certaines bourgeons pourraient réussir à remonter la pente : « on ne sait pas encore trop ce que ça va donner… » Cela dit aussi, « cette moyenne cache des situations individuelles plus préoccupantes avec des vignerons qui ont beaucoup souffert en 2016, et qui souffrent de nouveau cette année. »

Le représentant des vignerons en appelle désormais au préfet d’Indre-et-Loire : « on lui demande une réunion début mai pour l’alerter sur des situations individuelles. Il n’y a pas vraiment de dispositif mis en place pour soulager les charges des entreprises. Il faut trouver des solutions. » Car tout le monde n’a pas forcément les reins assez solides pour payer des hélicoptères à 200€ l’hectare et la matinée lorsqu’ils décollent. Des hélicos qui seront en alerte ce vendredi matin, une fois de plus car leur efficacité a été prouvée. Montlouis-sur-Loire a eu froid sans geler cette année, et ça a fait des émules sur le reste du vignoble. Mais pour d'autres, on fait avec le système D comme sur nos images : de la paille qui brûle pour réchauffer l'air avec le feu.

Olivier COLLET / Photos : Philippe MAITRE à Montlouis-sur-Loire