Economie / Emploi

Des Tourangeaux sortent un grand rapport sur la pauvreté en France : on l’a lu pour vous

100 pages très instructives.

Il n’y a pas si longtemps, Emmanuel Macron a annoncé un Plan Pauvreté (avec presque 6 mois de retard sur le calendrier initialement prévu). Bientôt testé en Indre-et-Loire, ce dispositif gouvernemental chiffré à 8 milliards d’euros sur 4 ans comprend notamment la création d’un revenu universel d’activité qui fusionnerait plusieurs prestations sociales. On parle aussi de distributions de petits déjeuners dans certaines écoles ou d’une obligation de formation jusqu’à 18 ans contre 16 aujourd’hui.

Un mois après cette déclaration d’intention de l’exécutif, voilà que l’Observatoire des Inégalités de Tours (basé au Sanitas) s’empare du sujet, et pas qu’un peu. Connu pour son rapport sur les inégalités qui analyse de nombreuses études tous les deux ans, il se penche cette fois-ci sur la pauvreté en France pour la rendre compréhensible par tout le monde.

Le résultat : 100 pages pour déconstruire les idées reçues, analyser l’efficacité des aides sociales ou comparer la situation de la France par rapport à d’autres pays en décortiquant des études officielles ou fiables, ainsi que des sondages sérieux.

La première chose que l’on apprend, c’est que tout le monde n’a pas la même définition de la pauvreté. L’Observatoire des Inégalités estime qu’elle intervient en dessous de 855€ de revenus par mois pour une personne seule (1 283 pour un couple sans enfant) tandis que d’autres se basent sur une somme de 1 026€. La différence : pratiquement 4 millions de personnes. Ainsi, 5 millions de Françaises et de Français gagnent moins de 855€ par mois, 8,8 millions ont moins de 1 026€ chaque mois sur leur compte.

Alors qui sont ces pauvres ? 25% vivent dans une famille monoparentale, 67% n’ont pas de diplôme ou alors un CAP, 35% ont moins de 20 ans et 2/3 habitent dans les grandes agglomérations. Autres chiffres : selon l’INSEE, 24% des Français ne se payent même pas une semaine de vacances par an, 3,5% se privent parfois de manger, 13,6% n’achètent pas de vêtements neufs, un sur 5 vit dans un logement difficile à chauffer… Les pauvres, cela représente 8% de la population française… 628 000 personnes supplémentaires entre 2006 et 2016. En dix ans, le nombre d’allocataires du RSA a lui aussi bondi : 1,7 million d’allocataires en 2017, 380 000 de plus en une décennie.

Néanmoins, « ce rapport ne fait pas apparaître une explosion de la misère. Notre modèle social a pour partie amorti le choc » peut-on lire dans le document, d’autant que les chiffres ont tendance à se stabiliser ces dernières années et que depuis 2016 la situation économique s’arrange. De plus, l’Observatoire des Inégalités tourangeau précise qu’un tiers des personnes pauvres ne le sont plus l’année d’après et que la France est plutôt bien placée par rapport à d’autres pays européens (8% de pauvres contre 10,9% dans l’Union Européenne). Des données plus encourageantes qui n’empêchent par les auteurs de plaider pour une revalorisation des minimas sociaux mais aussi pour moins de complexité administrative dans le processus de demande d’aides.

Pour lire l'intégralité de ce rapport vous pouvez cliquer ici.